Mamou Moubarak Dribi
Communiqué important. Nous tenons a vous informer que le professeur Mamoun Moubarak Dribi auteur et chercheur en psychanalyse Travaille au sein d’un bureau d’études qui regroupe des psychologues et des enseignants, nos prestations de services concernent uniquement les enfants pour les besoins du coaching scolaire et intellectuel Ainsi que la réorientation des jeunes au niveaux des études ou de leurs carrières professionnelles. Nous ne sommes pas un cabinet médical et nous ne prenons pas en charge le soin des adultes et des personnes souffrantes de pathologies ou de troubles psychiques. Merci de votre compréhension.
                                                                  Mamoun Moubarak Dribi

Structure paranoïaque ou structure saine

Cet article est dédié à l'aimable attention du Docteur Claude David grand ami et éminent psychanalyste.

L'enfant comme l'adulte souffre de la structure de son père, de sa mère et de la sienne. L'acte de soin implique que chacun récupère son lot non pas au niveau du réel mais au niveau du discours qu'il soit latent ou manifeste...

La structure de l'acte de soin : la parole et l'institution

« Seigneur dites simplement une parole est je serais guéris » L'évangile.
L'acte de foi.

« Le testament en Islam est de deux sortes : il est verbal et manuscrit » est considéré comme parjure celui qui fait le déni du testament orale. Tradition soufie
L'acte de filiation

 

Si Freud a repéré la paranoïa et l'a bien décrite, et si la médecine en a faite une maladie grave presque inguérissable, si chacun de nous sait la repérer dans ses grosses manifestations de persécutions et de harcèlements qu'en est il de ses manifestations silencieuses et quasi invisible? qu'en est il de ses pulsions qui amène la jalousie, la détestation infondée d'amis et de proches? Pourquoi certaines personnes ont une soif quasi absolue du pouvoir : le pouvoir de régner sur les autres en terme de savoir?

Pourquoi certaines personnes ne trouvent de plaisir que dans l'opposition fratricide et ne croient pas au mérite de la disputatio?

Pourquoi certaines personnes ne sont en paix que lorsque l'autre intègre le rang, le leurs bien sûr et n'acceptent pas la différence et le jeu de distance ? Pourquoi certaines personnes tiennent à leurs opinions comme s'il s'agissaient de leurs âmes, sans pour autant bénéficier ni d'agrégats universels ni d'expériences probantes? Et si la réponse à toutes ses questions est qu'il y a au niveau du psychique une stru cture qui peut être soit saine soit paranoïaque, exactement comme avec le cancer, il y a des gens qui vont développer des tumeurs et d'autres pas.

C'est ce que je vais essayer de mettre en évidence.

Mais auparavant je vais essayer de décrire la structure paranoïaque : « La paranoïa est un tremplin pour accéder au savoir ». Du fait de la quête pour développer un discours nouveau, d'être différent y compris à ce niveau là : le niveau des mots et des pensées. Car si l'intelligence est un processus personnel, le savoir lui par contre nécessite un acte de transmission. C'est une initiation, c'est une femme savante ou un homme savant qui va vous tendre la main et vous accompagner un moment, puis va se mettre en retrait pour vous laisser prendre votre envol. Dans la structure paranoïaque, l'individu tente et s'entête pour accéder à cette lignée, il veut insérer son maillon dans la chaine généalogique tout seul, ici la généalogie n'est pas une filiation de sang mais d'esprit où le père et le fils, la mère et la fille se retrouve unis par un pacte de foi et d'amour.

La structure paranoïaque désire la reconnaissance, le sujet souhaite devenir une référence.

Mais au lieu de tendre la main à un autre, un compagnon initiateur le paranoïaque se cherche un maître pour jouer devant lui à la soumission pour ensuite le détruire.

L'origine de la structure est dans la dimension de filiation et de transmission

Dans cette dimension le sujet est confronté à la complexe question (mortelle ou vitale pour l'esprit selon les issues) vivre en perpétuel opposition à l'autre, sans que cela ne soit ni dans une démarche de disputatio qui rappelons le permettait la mise en lumière de sujets qui préoccupaient l'humanité, ni dans un jeu psychodramatique qui permet d'évacuer les non dits et les sous entendus malsains. S'opposer à l'autre prétendu être mon frère ou ami, pour le considérer ensuite comme un adversaire dans une dimension de jeu sérieux mais dénué de haine c'est saint. Mais s'opposer à l'autre avec qui nous lies tout les liens d'amitié et d'amour alors qu'il n'y a aucun fait réel qui le justifie sauf qu'il échappe à notre domination par sa vivacité et sa fougue d'esprit; et si seulement on s'arrêtait au stade de l'opposition, le pire c'est quand on met en marche une machine d'anéantissement. Alors là c'est terrible et c'est de plus en plus répandu malheureusement dans nos sociétés. C'est à se poser des questions sur l'existence même de l'amour, en parlant d'amour allons voir le premier lieu de son émergence : la famille. Le premier amour est celui de la mère, ensuite l'amour du frère (et de la sœur bien entendu), et enfin l'amour du père. Et tout les experts de la santé mentale le savent chaque amour inscrit le sujet dans un registre bien défini :

L'amour de la mère permet de vivre et d'être en bonne santé

L'amour des frères et sœurs fait vivre la fratrie et permet d'avoir une personnalité affirmé

L'amour du père permet de vivre l'opposition saine, il draine votre énergie psychique à la manière d'une soupape et vous permet d'être homme ou femme, aimant, juste et confirmé en faisant jouer (s'il le sait bien évidemment j'entends le père) la dimension du tenant lieu et du lieutenant si l'une permet d'accéder au jeu institutionnel c à d faire jouer le désir, le discours, les places et les fonctions avec du Savoir. L'autre dimension celle du lieutenant permet d'incarner dans une dimension de jeu le discours du Maitre. Et c'est ce second niveau qui piège les structures paranoïaques et les met à jour : Car croyant que l'autre veut être un maitre la structure veut le détruire, sauf qu'ici les sages savent faire le semblant du maitre et non le maitre absolu, car la dimension du maître absolu rend abrutit et aliène les gens.

Si un seul aspect de ces amours n'est pas résolu. J'entends pas résolution, qu'il soit consommé jusqu'à satiété il y aura alors déficience et apparition du manque, et qui dit manque dit recherche de substitut. La vie hélas comporte beaucoup de faux semblants.

Ainsi celui qui n'a pas aimé les hommes souffrira toute sa vie de la frustration, quoi qu'il fasse serait ce avoir des dizaines et des dizaines de conquêtes féminines.

Celle qui n'a pas aimé les femmes, souffrira elle aussi d'incapacité à aimer les hommes.

Ceux qui n'ont pas vécu l'opposition saine et confirmé avec leurs pères, ou n'ayant pas cherché à la vivre avec des pères de substitutions vivront toute leurs vies l'amour dit des frères et l'opposition absolue vis à vis de leurs paires.

C'est en la compagnie d'un homme que l'enfant devient un homme, et  c'est avec une femme que la fille devient une femme. L'homme (ou la femme bien entendue) s'accomplit en compagnie de son père pour devenir son héritier, pour défier et conquérir la vie, ayant résolu l'opposition saine, qui est le déterminant de l'action de renouveler. Car nous voulons tous être différent, nous souhaitons tous faire des choses distinguées par rapport aux autres, pour ensuite les léguer à notre lignée. Ceci est possible si cette dimension d'opposition saine est résolue, et rien de bon n'est à espérer si elle venait à défaillir.

Ceci constitue un aspect fondamentale de la donne qui fait évoluer une structure saine en structure paranoïaque avec le risque de voir apparaitre en définitive la maladie.

La problématique à être Un, singulier et commun à la fois

Pourquoi avons nous ce besoin d'opposition? Pourquoi ne pouvons nous pas tout simplement vivre épanoui et décomplexés? Ceux qui pratiquent la politique savent que c'est une utopie, car chacun croit savoir la vérité; comme s'ils nous étaient possible de la saisir (la vérité bien entendu). Si seulement on pouvait méditer les travaux de ces géants qui nous ont devancés, comme l'illustre et énigmatique Jacques Lacan : « Le discours est un dit court... » bien évidemment si je veux dire la vérité, toute la vérité les mots viendraient à me manquer, n'est ce pas!! et si je ne peux exprimer la vérité dans son intégralité, il va de soi que je ne peux alors ni la conceptualiser ni la saisir entièrement. D'où la nécessite de l'opposition saine que les latins désignent sous le nom de disputatio que nous connaissons nous les arabes sous l'appellation de ''plaidoirie '' ou devrais je dire plus exactement que nous les arabes avions connu...

Dans la structure paranoïaque il y a une quête à vouloir être le premier, être celui qui innove toujours, celui qui dépasse les autres. La structure paranoïaque tend à s'unifier avec Dieu, ou les grands mythes. Si certaines choses prennent ici un aspect élitiste louable le discours qui les soutend et hautement pathogène. Comment faire la part des choses dans ce cas là : « C'est à votre capacité à gérer l'échec, et à vous remettre en cause et accepter surtout que d'autres le fassent ».

En fait être le premier signifie aussi être Un, ce qui n'est pas possible ou quasi impossible sauf à accepter de vivre le tangage, car espérer atteindre l'unité tridimensionnelle et faire qu'elle dure est de l'ordre de l'impossible. Chaque dimension a son intelligence et chercher à être bien c'est tenter d'unifier les 3 en 1 :

  • le corps
  • l'esprit
  • le psychique

Comment faire pour harmoniser ces trois là? Rien n'est impossible, il faut y croire or l'acte de foi se nourrit aussi du doute... Et le doute quand il dépasse un certain seuil déstabilise l'harmonie recherché.

Être Un c'est aussi vouloir être Un avec : le désir de la mère ? Le désir du père vécue par la mère? Et le désir du père envers la mère?

Et ça c'est de l'inceste à l'état pur. Car l'enfant ne connaît l'amour que dans une triangulation (mère, enfant, père).

Être Un, en fait c'est une illusion, c'est un mirage qui fait croire que l'on peut être entier. Que l'on peut être juste dans l'absolu. La structure paranoïaque s'exprime dans la plus part des cas de la manière suivante : « Moi, je sais ce qui ne vas pas, je connais l'origine de mon malaise, c'est à cause de l'autre... ». Chez le paranoïaque Il y a un déni constant de l'intelligence de l'autre et de sa capacité à l'appréhender justement.

Celui qui n' pas vécu le stade des soupapes (humour salutaire!!) avec son père ou son substitut, va trainer avec lui toute sa vie cette structure malsaine : « Chercher à s'opposer pour s'affirmer » au lieu de développer celle plus saine : « se colleter aux autres pour les subvertir et être subvertit à son tour, les aimer et les faire enrager, pour les faire changer en changeant soi même ».

Si j'ai abordé la question de la structure paranoïaque c'est pour dire que nous en avons tous un peu en nous les germes, éviter de développer la maladie est une chose facile et douloureuse à la fois. Facile si on accepte l'autre dans toute sa différence, cet autre qui me renvoi une vérité en face, qui me critique et me déstabilise. Douloureuse car au lieu de le haïr et de le bannir au risque de développer la maladie ou de la voir affecter mes enfants je dois patienter pour peu que cet autre dise vrai, qui sait cela peut m'apporter l'élixir rare : celle qui rend les gens uniques et créateurs, rendant ainsi possible l'accès à l'universel et permettant du même coup la mise en échec de la structure paranoïaque.

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