Mamou Moubarak Dribi
Communiqué important. Nous tenons a vous informer que le professeur Mamoun Moubarak Dribi auteur et chercheur en psychanalyse Travaille au sein d’un bureau d’études qui regroupe des psychologues et des enseignants, nos prestations de services concernent uniquement les enfants pour les besoins du coaching scolaire et intellectuel Ainsi que la réorientation des jeunes au niveaux des études ou de leurs carrières professionnelles. Nous ne sommes pas un cabinet médical et nous ne prenons pas en charge le soin des adultes et des personnes souffrantes de pathologies ou de troubles psychiques. Merci de votre compréhension.
                                                                  Mamoun Moubarak Dribi Brynden Trawick Womens Jersey

Analyse du délire

« Cette mère inassouvie, insatisfaite, autour de laquelle se construit toute la montée de l'enfant dans le chemin du narcissisme, c'est quelqu'un de réel, elle est là, et comme tous les êtres inassouvis, elle cherche ce qu'elle va dévorer, quaerens quem devoret... »

Jacques Lacan - Le séminaire livre IV

 

« Tel Dante prenant la main de Virgile pour s'avancer dans les cercles de l'Enfer, Lacan prenait celle de James Joyce, l'illisible Irlandais, et, à la suite de ce fluet Commandeur des Incroyants, entrait d'un pas lourd et trébuchant dans la zone incandescente où brûlent et se tordent femmes-symptômes et hommes-ravages. Une troupe équivoque l'assistait cahin-caha : son gendre ; un écrivain ébouriffé, alors jeune et tout aussi illisible ; deux mathématiciens dialoguant ; et un professeur lyonnais attestant le sérieux de toute l'affaire. Quelque Pasiphaé discrète s'employait derrière le rideau. Riez, braves gens ! Je vous en prie. Moquez-vous ! Notre illusion comique est là pour ça. Ainsi ne saurez-vous rien de ce qui se déroule sous vos yeux écarquillés : la mise en question la plus méditée, la plus lucide, la plus intrépide, de l'art sans pareil que Freud inventa, et que l'on connaît sous le pseudonyme de psychanalyse ». (Jacques-Alain Miller)

Jacques Lacan - Le séminaire livre XXIII

 « ...De la signification personnelle à la tentative de guérison : le délire en tant que construction de l’un-sensé ».

« ... les délires d’interprétations sont à ranger parmi le groupe des « folies raisonnantes » : le sujet conserve en effet une vivacité d’esprit et une capacité à défendre ses convictions en dehors de « délire partiel ». C’est pourquoi, les « interprétateurs » ne sont pas des aliénés (alienus : étranger) car ils conservent des relations avec leur milieu, ont un aspect normal, s’exprimant de plus de façon raisonnable et ayant des associations d’idées normales et des souvenirs fidèles selon les auteurs. Ainsi, les « interpréteurs » ont une intelligence fine, intacte et peuvent vivre sans se faire remarquer.»

« ...Le processus délirant, avancerons-nous, est une quête de sens se caractérisant selon la position du sujet psychotique sur « l’échelle des délires » par un rapport singulier au langage et aux signifiants. Le délire par son fondement est une tentative de stabilisation eu égard au déferlement du signifiant qui ne renvoie qu’à un signe énigmatique. Il serait dès lors une réponse à ce trou béant a-signifiant face auquel le psychotique se trouve en a-pesanteur, sans repère et par lequel il s’efforcerait de donner sens. »

Garcia vincent : Mémoire de Master professionnel de psychologie clinique et pathologique

Chers amis (es) et lecteurs avisés, voici le menu que je vous ai concocté aujourd'hui : l'analyse du délire. Je vous ai mis dans le bain progressivement depuis l'ouverture de ce blog, un bain-marie si non vous seriez cuit à l'heure qu'il est!! le but n'étant pas de vous faire cuisiner (pour dire la vérité) mais vous amenez à un moment de symbiose : entre vous et le psychique. Et comme tout psychanalyste qui se respecte, je vais vous mener plus vers le chemin des interrogations que celui des certitudes? Car dans notre quête de trouver la paix avec nous mêmes, de trouver la paix en nous mêmes devrions nous apprendre à renoncer ou au contraire se débattre? Faut-il combler son désir ou le frustrer?

Une jouissance non résolue atteinte par personne interposée

Prenons l'exemple d'un homme, qui ignore qu'il est homosexuel, marié à une belle femme et ayant plusieurs enfant, cet homme croit que sa femme aime un autre homme, il croit qu'elle le trompe, il devient obsédé par cette idée. Quand on fait un peu d'analyse psychanalytique on apprend que cet homme connait le prétendu supposé amant de sa femme, et qui le trouve exceptionnel...

Il suffit alors de voir la pièce de théâtre du sublime et maître de l'ironie Sacha Guitry ''Le jaloux'' qui rappelons le relate l'histoire d'un époux jaloux qui harcèle sa femme constamment et continuellement la croyant amante d'un beau et intelligent jeune homme, cette dernière jouant de la perversion attise la flamme du doute de son mari dans un jeu d'innocence et de subtilité jure qu'elle n'a rien fait et c'est vrai, mais : tout le long de la pièce vous allez voir l'époux jaloux faire monter la pression sur son épouse jusqu'à la pousser dans les bras du jeune homme!! Et là après qu'elle soit passé à l'acte, l'épouse revient à la charge, et crie tout haut à son mari ce qu'elle a fait... Stupéfait le mari lui répond : « je le savais. »

C'est ce type de réponse qui ont fait dire à Freud et à Lacan : « Le sujet n'est pas sans le savoir... »

Il n'est pas sans savoir quoi? Non pas la vérité sur ce qui s'est passé à son insu? Mais la vérité sur ce qu'il est lui même. Le fait qu'on se dise je suis un homme, je suis une femme, cela ne fait pas naitre la vérité d'être homme ou d'être femme, cela permet tout simplement d'énoncer ce que je suis dans le réel? C'est là où se trompe le transsexuel, du fait que l'énoncé (le sien) ne signifie plus rien pour lui, autrement dit quand l'énoncé ne confirme plus au fond de moi (au niveau du psychique) ce que je suis dans le réel.

Je sais que je suis une femme, mais je n'arrive pas à l'être?

Je sais que je suis un homme, mais je n'arrive pas à l'être?

Je suis marié, j'ai des enfants mais...

C'est ça le tangage dont je vous parle souvent.

Et quand ça tangue trop au niveau du psychique on finit par délirer.

C'est le but de cet article : comprendre et analyser le délire. Devant la douleur et l'incompréhension de plusieurs de mes clients, femmes et hommes, ne comprenant pas ce qui ce passe dans la tête de leur proche qui tient des propos incohérents, qui se débat dans des idées morbides et croit dur comme fer que ce qu'il dit et ce qu'il pense c'est la vérité.

C'est ça qui fait toute la grande richesse de Freud et de Lacan.

C'est ce qui m'a fait choisir cet extrait de Vincent Garcia : «  De la signification personnelle à la tentative de guérison : le délire en tant que construction de l’un-sensé... »

Quand j'ai lu cet excellent travail de soutenance, j'ai aimé la pertinence de son auteur et la simplicité avec laquelle il énonce ses propos. Il apparaît ici que l'insensé tire vers l'un-sensé.

Rappelez vous à quel moment je vous ai parlé de ce Un? Structures saines et structures paranoïaques, où il était question de la tentative de faire Un. Faire Un avec mon discours, qui est l'énoncé de ma vérité. Faire Un avec mes désirs et mes fantasmes. Faire Un avec mon corps et mon esprit etc. Cette tentative sans fin d'essayer de faire Un avec quelque chose est absolument pénible et si épuisante mais indispensable.

Une question de conceptualisation

Mais où se situe le processus premier qui initialise le traitement : faire Un.

Il se situe dans votre capacité d'abstraction. Imaginez que nous ayons dans notre esprit un écran de télévision, cet écran affiche l'image de chaque mot. Jusqu'ici l'interpréteur réagit correctement avec l'énonceur (le signifiant). Ainsi quand on entend dire : « Papa ouvre la porte ». Tout le monde visualise (remarquez l'expression couramment utilisé) un homme qui entre...

Mais dés qu'on passe aux concepts les choses se compliquent, notre écran n'affiche plus une image mais plusieurs images, il ne fixe plus une seule mais se met à dérouler une suite d'images sans fin...

Ainsi quand on dit à un analysant : « La résolution de votre problématique réside dans la haine du père, et moi en tant que votre analyste, je vais la faire vivre à votre psychique par régression... ».

L'esprit cartésien de l'analysant se met en branle, il veut trouver une position, il veut anticiper, il tente de gérer le fait psychique. Il s'interroge sur la haine par régression, sur l'amour qui le lie à cet analyste. Sur la véracité de ce qu'il ressent, et là le doute le prend.

C'est ce qui fait dire aux psychanalystes que le délire est une tentative de construction de l'un-sensé...

Mais continuons et lisons ensemble ce que nous dit Vincent Garcia :

« Le délire par son fondement est une tentative de stabilisation eu égard au déferlement du signifiant qui ne renvoie qu’à un signe énigmatique. Il serait dès lors une réponse à ce trou béant a-signifiant face auquel le psychotique se trouve en a-pesanteur, sans repère et par lequel il s’efforcerait de donner sens... ».

Notez au passage le mot stabilisation... rappelez-vous notre écran qui affiche une suite d'images sans fin.

Notez aussi le mot déferlement du signifiant... le processus de conceptualisation qui tente de fixer une image.

Il s'agit donc d'une défaillance quelque part n'est ce pas? J'ai mis en gras plus haut le mot interpréteur, ainsi en bon spécialiste en diagnostic électronique (comme quoi l'informatique peut dans certains cas modéliser le psychique!!) je vais orienter mon analyse vers cet organe : l'interpréteur.

Prenons cette phrase par exemple : « Je vois que tu m'écoutes, mais malheureusement tu ne m'entends pas... ». Ce n'est pas donné à tout le monde d'accéder à l'esprit de cette phrase. J'ai employé volontairement le mot esprit pour signifier le pur jus, la fine liqueur, vous savez quand on extrait le nectar d'un fruit, d'une plante, d'une fleur et qu'on obtient un concentré très fort et puissant. C'est ça l'esprit. Les mots ont eux aussi un esprit, et pour le saisir vous devez avoir un interpréteur.

Et nous en tant que psychanalyste que croyez vous que nous faisons : nous interprétons.

L'analyse Lacanienne

Et pour vous expliquer comment l'interpréteur tombe en panne, je vais inviter Lacan un petit moment avec nous.

« Cette mère inassouvie, insatisfaite, autour de laquelle se construit toute la montée de l'enfant dans le chemin du narcissisme, c'est quelqu'un de réel, elle est là, et comme tous les êtres inassouvis, elle cherche ce qu'elle va dévorer, quaerens quem devoret... »

J'attire votre attention, qu'il ne faut pas lire ce texte de Lacan au premier degré, mais comme une parabole, comme une équation mathématique.

Ainsi quand il nous dit : « … se construit toute la montée de l'enfant dans le chemin du narcissisme... » Il nous montre quand débute le processus de séparation, qui va rompre la relation fusionnelle entre la mère et son enfant.

Et quand il nous dit : «  … et comme tous les êtres inassouvis, elle cherche ce qu'elle va dévorer. »

Là, Jaques Lacan nous fait une démonstration de son immense talent, il nous renvoi vers une autre dimension : la dimension symbolique. Ce qui est dévoré ici ce n'est pas le réel, mais le sens de quelque chose. L'amour et la haine, le dépit et la joie, la colère et l'injustice etc.

Imaginez une mère portant son enfant dans ses bras, ou le regardant jouer auprès d'elle. Elle est triste et très en colère, car elle est en séparation avec son mari. Un mari qui ne lui a fait que du mal se dit elle au fond d'elle même. Voilà qu'arrive quelqu'un de sa famille, son frère et qui lui dit : « devine qui j'ai rencontré aujourd'hui, ton mari!! ». Sans pouvoir se retenir, elle sourit à pleine dent et son visage s'illumine, son enfant qui la regarde l'accompagne tout heureux, car il est né de leurs amours, il est l'incarnation de leurs amours. L'enfant rit très fort, et là brusquement il est brutalement rabroué par sa mère : « va te laver les mains et arrête de rire comme un imbécile ».

La mère vient de dévorer ici un jet d'amour qui est remonté du fond d'elle, elle en a disposé entièrement, elle ne l'a pas l'empêcher de jaillir mais elle sait parfaitement comment le réduire au silence. Seulement, elle a oublié qu'au passage l'expression d'amour, même pour un père aussi indigne soit-il, surtout quand on est séparé de lui, est essentiel pour la bonne constitution du psychique de l'enfant. Car c'est depuis et à travers la mère que l'enfant initialise sa manière d'interpréter et de sentir les choses de la vie. C'est ça l'origine de l'interpréteur.

C'est ce qui a fait dire à Jaques Lacan : « La psychose c'est la forclusion du nom du père. »

Pour conclure je dois souligner un fait primordiale : le délire qui n'est pas déstructurant de la personnalité, reflète que le psychique est en phase de mutation et que ce qui a était est entrain de devenir ce que le sujet a choisit d'être...

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